La jeunesse de Juliette

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionnée par le monde animal ! J’ai grandi dans la banlieue de Tours, et il n’était pas facile de vivre ma passion.

Au grand dam de mes parents, j’ai rapidement transformé ma chambre en laboratoire d’élevage ! Ce fut tout d’abord des aquariums avec des fourmis, des phasmes, des escargots, puis des chrysalides de papillons, de libellules pour les voir se transformer et s’envoler. J’ai recréé une mare avec des têtards, des larves de dytiques et j’ai bricolé une couveuse qui a parfaitement fonctionné… puisque, 3 semaines plus tard, mes 10 oeufs se sont transformé en 10 poulets dans une chambre de 9 m2 !

A côté de mes expérimentations sur le monde animal, j’ai pris des cours d’équitation et rapidement, j’ai trouvé des propriétaires de chevaux qui, par manque de temps, me laissaient monter leur cheval.

En mer, aujourd’hui, je retrouve les sensations que j’ai pu avoir à cheval. Etre seule dans la nature avec un grand sentiment de liberté. Et la finesse que demande un cheval pour être dirigé n’est pas si éloignée des réglages fins d’une voile et du feeling à la barre qu’il faut avoir pour bien mener son bateau.

Juliette et la mer

J’ai découvert la voile en juin 2008, par hasard. Une traversée pour aller en Corse, départ de Saint Raphaël. 8 personnes à bord d’un 33 pieds. La révélation. La mer, les dauphins, la convivialité à bord d’un bateau, le voyage, l’arrivée chaque soir dans un port, un mouillage différent.
De retour à terre, j’ai décidé que la mer ne me quitterait plus, ou plus exactement que je ne la quitterais pas. J’ai commencé par passer mon monitorat de voile et à naviguer en tant que monitrice bénévole. Puis, je me suis installée à Vannes en 2009 pour profiter des entraînements d’hiver, que ce soit à la Trinité sur Mer ou au Crouesty. Cela m’a permis de participer aux régates du Morbihan sud, en équipage ou en double, Spi ouest France, Record SNSM, Tour de Belle île, Ar Men Race Sur différents types de bateaux. Tout en étant vétérinaire à mi-temps !
Le hasard des rencontres dans le petit milieu nautique m’a fait découvrir en 2011 le monde du yachting classique. Les magnifiques bateaux en bois, rapides, du siècle dernier. J’ai participé aux régates du circuit Classique, fait un aller-retour à Horta (Açores), puis en décembre 2012, la transatlantique en course (Panerai Transat Classique), suivi de 3 mois de navigation aux Antilles pour amener le bateau de La Barbade à Puerto Rico.

Retour en France en avril 2013, pour une transgascogne, puis les championnats de France de Surprise à Marseille.
En juillet 2013, la rencontre avec Bertrand de Broc me donne l’occasion de naviguer quelques jours sur Votre Nom Autour du Monde, son 60 pieds Imoca du Vendée Globe. Il me souffle l’idée de participer à la route du rhum 2014, en Class 40 Ses encouragements me donnent des ailes et l’énergie pour me lancer dans ce projet.

Juliette vétérinaire

Pour moi, devenir Vétérinaire était une évidence. Après un an de classe préparatoire à Tours, j’ai intégré l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes en 2001 où grâce à une bourse d’étude, j’ai passé 5 ans d’apprentissage dans de bonnes conditions.

J’ai commencé à travailler en mars 2006, en Vendée puis dans l’Aveyron où j’ai appris les dures conditions des vétérinaires ruraux. J’ai vécu la nuit, l’hiver sur les plateaux de l’Aubrac, les vêlages qui n’attendent pas, et je me souviens du regard inquiet des paysans toujours suspicieux qu’une fille de 23 ans ait suffisamment de force pour correctement faire le boulot.

La découverte de la voile en juin 2008 a changé mon parcours. J’ai décidé de travailler à mi-temps et de venir m’installer en Bretagne, près de Vannes pour allier mes 2 passions : les animaux et la voile.

Véto de campagne, c’est un métier qui demande de la force physique face à des situations parfois risquées, une certaine force mentale et de l’endurance. Le vétérinaire à la campagne est souvent à l’extérieur, dans des conditions météo parfois rudes, et est en contact permanent avec des animaux, souvent en détresse. Il les connaît et sait les comprendre, les observer pour agir au mieux avec eux.
Bref, beaucoup de qualités qui sont recherchées en mer lorsqu’on est marin. Il faut de la ténacité, le bateau demandant de gros efforts physiques ponctuels, ainsi qu’un bon mental pour faire face aux conditions en mer et à la gestion du sommeil.

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